Perry Canestrari
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Quelques notes à propos de Perry Canestrari

On sait que l'opéra en général, et le rôle des ténors plus particulièrement, remontent à la fin du XVIème siècle, à Florence, en Italie. Plus près de nous, toutefois, on peut tracer d'étonnants parallèles entre l'Italie, bornée au nord par la Suisse, au nord-ouest par la France et au sud par la Méditerranée et la mer Ionienne, et le timbre chaleureux et plein d'émotion de la voix de ténor de Perry Canestrari. Peut-être est-ce dû à son interprétation, qui du même souffle rend des chansons comme celles du Fantôme de l'Opéra si émouvantes, puis tout à coup donne l'impression que c'est Canestrari lui-même qui a fait sourire la Joconde de Léonardo de Vinci. Quoi qu'il en soit, Canestrari est un phénomène de contrôle vocal.

Vivant dans une banlieue de Montréal, Perry Canestrari a cultivé sa voix de ténor toute sa vie, même si ce n'est qu'à la fin de la vingtaine qu'il a, comme il le dit lui-même, " trouvé sa voix ". Après des études en musique au Collège Vanier et à l'Université McGill (où il faisait partie de la chorale, de l'ensemble vocal et du Studio d'Opéra), c'est à l'occasion d'un voyage de vacances en Italie, d'où ses parents sont originaires, que M. Canestrari a " découvert " ce qu'au fond il savait déjà intuitivement.

" Chanter est pour moi comme un héritage ", dit Perry, entouré de piles de vieux disques et de CDs, dans un studio aux murs tapissés des symboles de ses nombreux succès (diplômes universitaires, photos de lui-même en compagnie de Pavarotti, programmes de certains de ses concerts, choisis parmi quelques centaines). " Mon père chantait. J'ai pris conscience de mon goût pour le chant lorsque j'avais quatre ans. C'est au cours de ce voyage familial en Italie que j'ai commencé à chanter ". " A l'époque, poursuit le ténor, beaucoup d'artistes américains et canadiens allaient en Italie pour participer aux festivals de chant italien. Des gens comme Dusty Springfield venaient à San Remo (en Italie du Nord) et participaient au festival en interprétant des chansons italiennes. Je me souviens d'avoir chanté " Every Time ", une des chansons italiennes de Paul Anka.

" Ayant " mis en veilleuse " son remarquable talent vocal jusqu'à ses années de secondaire, M. Canestrari a connu ses premières expériences musicales à titre de batteur et de percussionniste. C'est pendant son adolescence qu'il se mit à écouter beaucoup de ballades romantiques.

" Je m'assoyais près du stéréo et j'écoutais Tom Jones et Elvis Presley; croyez-le ou non, ma plus grande idole était Engelbert Humperdinck! A cette époque, mon père ne chantait que du classique, et, bien que j'ai commencé à aimer l'opéra, la musique populaire a eu beaucoup plus d'influence sur moi lorsque j'étais adolescent. Dans mes années de " high school ", tout ce que chantait mon père me paraissait un peu ringard... Toutefois, en rétrospective, je m'aperçois maintenant que j'ai chanté beaucoup plus de musique classique que mon père ", raconte M. Canestrari, qui avoue avoir été influencé par les ténors Sergio Franchi, Franco Corelli, Mario Lanza, et, bien sûr, Luciano Pavarotti. " Être percussionniste n'était pas satisfaisant pour mon ego, " dit-il. " Je ne sais pas comment on me perçoit, mais je crois qu'il faut être un peu égocentrique pour chanter, et qu'il faut nourrir cet ego, main en demeurant modeste tout de même. "¸

Âgé d'à peine 40 ans, M. Canestrari a réussi les deux. Il a étudié le chant avec Mme Lina Narducci, du Conservatoire de Québec, pendant près de trois ans, avec Mmes Margaret Kalil et Micheline René, de même qu'avec la célèbre cantatrice et professeur Maria Pellegrini (laquelle vit à Ottawa et à qui on a récemment demandé de donner des cours à New York).

Par ailleurs M. Canestrari poursuit avec succès sa carrière de ténor, et on a pu l'entendre lors de nombreux concerts-bénéfices (dont six à la Place des Arts de Montréal), avec la chorale de Catholic Church, sur le " circuit italien ", et à l'occasion de mariages et de congrès. Il parle quatre langues : l'anglais, le français, l'italien et l'espagnol. M. Canestrari a même fait ses débuts au cinéma, jouant le rôle d'un ténor dans le film " La Déroute ", tourné en 1997. Il y voit un moyen comme les autres de se faire connaître au public.

En 1989, M. Canestrari s'associe au musicien George Fiori, chef de son propre orchestre et père du réputé Serge Fiori, du groupe Harmonium, un chanteur rock vedette des années '70 au Québec. Avec l'orchestre de George Fiori, il a enregistré deux CDs (dont le producteur est le fils du chef d'orchestre). On peut également l'entendre dans une grande partie de l'album " Classicomania ", vol. I, publié récemment. Si l'on ajoute à cela une tournée de trente concerts avec l'Ensemble Amati, il n'est pas surprenant de le voir interpréter l'hymne national au Centre Molson de Montréal, ou à l'occasion d'une activité organisée par Interbox, ou encore de le voir se produire au Casino de Montréal ou à un congrès de Microsoft.

Perry Canestrari est convaincu que la popularité des ténors italiens a réellement commencé en 1981, lorsque John Denver et Placido Domingo ont enregistré " Perhaps Love ", qui s'est classé parmi les 20 plus grands succès de cette année-là, ce qui fut suivi d'autres disques extrêmement populaires comme " Pavarotti and Friends ", sans oublier, bien sûr, les Trois Ténors. Il estime qu'actuellement le public est plus que jamais réceptif et prêt à entendre ses interprétations de grandes œuvres musicales.

Se remémorant les expériences qui ont jalonné sa carrière, M. Canestrari déclare : " Au début, vous cherchez seulement à gagner votre vie, mais après, vous vous rendez compte que c'est devenu une passion. C'est comme une " dépendance ", mais positive, celle-là. Si je ne pouvais pas chanter, je serais malheureux. "

Et d'ajouter : " Si l'on s'acharne trop à obtenir quelque chose, on ne l'obtient pas. Par contre, si on laisse ses aspirations " sur la tablette ", il ne se passera rien. Mais si on est simplement disponible en laissant les choses arriver, elles arrivent d'elles-mêmes - et lorsqu'on ne s'y attend pas du tout. "

Qu'il s'agisse pour lui de préparer ses concerts, ou de chanter pour les dirigeants de Visa International en congrès, ou simplement de s'amuser un mercredi soir dans un charmant petit restaurant italien, Perry Canestrari sait qu'il aura très bientôt une autre occasion de fasciner son auditoire grâce à sa voix incomparable. " Chanter, c'est toute ma vie ", dit-il. " Ne me demandez pas de faire autre chose. "



 


 

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